vie pratique à 2 ans : la cuisine

Dans l’approche Montessori, on distingue 5 grands domaines : la vie sensorielle, la vie pratique, le langage, les mathématiques et la culture (botanique, zoologie, géographie…). Cette série d’articles concerne la vie pratique. Il s’agit de toutes les compétences du quotidien, des gestes de la vie courante. A la maison je m’inspire de la pédagogie Montessori mais je propose très peu de plateaux à Aurèle. Je préfère l’inviter à effectuer avec moi toutes les tâches de la vie quotidienne. Ces activités du quotidien sont le support d’apprentissage très nombreux, comme la motricité, le langage, les mathématiques…

La vie pratique en cuisine, qui est le sujet de ce post, nécessite pas mal de lâcher prise, avouons-le. Ces activités sont salissantes, pour les enfants et la maison. Soyons préparés : il y aura des éclaboussures, de la farine renversée, des coquilles dans le gâteau, de l’eau partout, des mains qui s’essuient sur nous, autant de nourriture sur le sol que dans l’assiette… du moins au début. Puis les petites mains vont affiner leurs gestes. Les routines vont se mettre en place. La motricité fine et la coordination oeil-main vont se développer, comme la concentration. Et le plaisir partagé sera d’autant plus grand. Sans oublier que les enfants sont souvent très fiers d’avoir participé à la préparation du repas familial.

Aurèle cuisine avec moi depuis ses 15 mois environ. Nous avons commencé par des choses très faciles. Nous complexifions progressivement en fonction du développement de sa motricité. Comme dans beaucoup de domaines avec les enfants, il faut résister à l’envie de tout contrôler, et se dire que ce ne sera pas parfait. Mais quelles belles opportunités vous leur offrirez !

La sécurité et la propreté

  • fournir un tablier : nous avons celui-ci (7)* qui est super car il est à la bonne taille et Aurèle peut le mettre seul (et il est très beau aussi !)
  • éloigner au maximum votre enfant des lames de mixer, couteaux, plaques de cuisson : cela paraît évident mais il ne faut vraiment pas les lâcher une seconde.
  • laisser un torchon à proximité : il servira à s’essuyer les mains, essuyer les éclaboussures ou les débordements.
  • prendre son temps : c’est dans la précipitation que les accidents arrivent !

L’aménagement de l’environnement

  • proposer une tour d’observation (1) ou un marchepied, qui soit stable, à la hauteur du plan de travail.
  • si vous n’en avez pas, vous pouvez commencer par proposer à votre enfant de préparer sur une table à sa hauteur ou dans la chaise haute.
  • de notre côté, nous avons un marchepied dans la cuisine. Et nous avons également customisé la cuisine Duktig d’Ikea en retirant l’élément supérieur et en mettant une grande planche à découper à la place des fausses plaques de cuisson. Les placards accueillent les ustensiles d’Aurèle, quelques récipients, ainsi que ses serviettes et gourdes de compote (les couverts et les assiettes sont dans notre cuisine à sa hauteur pour qu’il puisse mettre la table).
  • les moments de cuisine peuvent faire partie d’un rituel, par exemple le week end, le soir, le matin. L’important est que vous ayez du temps à y consacrer. Essayez de choisir  également un moment où votre enfant est disponible (qu’il ne soit pas fatigué ou affamé).

Les objets adaptés à la taille

Il est vraiment très important de fournir des ustensiles adaptés aux petites mains des enfants, et à leur petite force.

  • un couteau ondulé (6) : ce couteau s’utilise à une ou 2 mains, dans un mouvement vertical. Il suffit d’appuyer vers le bas pour couper des morceaux.
  • un économe* (5) : celui-ci est super car il a un « trou » pour mettre l’index. Ainsi pas de risque de se blesser, et l’index est positionné pour mettre la force sur l’avant.
  • un couteau (10) : il fait partie de la même série que le précédent, avec le trou pour l’index.
  • un couteau à beurre (4) : avec un bout rond pour étaler le beurre ou la confiture
  • un rouleau à pâtisserie (2) : pour des pâtes à tarte savoureuses !
  • un casse noix (3) peut être un accessoire intéressant aussi. Celui-ci est vraiment facile à utiliser puisque le mouvement est rotatifmanine
  • une cuillère pour mélanger (8) : avec une taille bien adaptée à la main de l’enfant
  • une brosse à vaisselle* (9) : qui dit cuisine dit vaisselle, une étape à ne pas négliger, d’autant que les enfants aiment souvent laver.

Le choix des recettes et l’attitude

  • choisir plutôt des recettes simples, courtes, à refaire souvent pour développer l’autonomie : gâteaux, quiches lorraine, pizzas, soupes, salades…
  • pour une recette avec des pesées, préparer les quantités à l’avance dans un petit bol pour n’avoir qu’à verser.
  • ne pas forcément préparer pour le repas ensemble : cela peut être juste couper des fruits pour le dessert, préparer un petit déjeuner (muesli, fruits, fromage blanc…), ou couper quelques crudités pour l’entrée.
  • laisser les enfants être aussi impliqués qu’ils en ont envie : ils peuvent ne faire qu’une partie de la recette, partir puis revenir.
  • éviter de donner trop de consignes ou d’être trop regardants sur les détails : le but est de donner confiance aux enfants et de leur montrer que ce qu’ils font nous importent, pas d’en faire des chefs avant l’heure ! Comme souvent, le principal est le voyage et non le résultat.
  • choisir des ingrédients que les enfants aiment, au moins au début, pour qu’ils aient envie de manger ce qu’ils préparent.
  • prévoir un peu plus d’ingrédients que dans la recette pour pouvoir laisser manipuler et goûter les ingrédients pendant la préparation. Certaines fois, Aurèle vient juste grignoter, regarde ce que je fais, puis repart, et c’est très bien comme ça ! Ces expériences sensorielles permettent d’ouvrir la curiosité sur des aliments nouveaux.

La progression

Je n’aime pas donner d’âge approximatif, car tous les enfants ont des développements différents. Mais cela peut donner une idée de la progression, et de ce que l’on peut proposer aux enfants même jeunes. Voici ce que nous avons fait/faisons avec Aurèle :

  • pour les enfants les plus jeunes, à partir de 15 mois environ : mettre les épluchures à la poubelle, mettre les morceaux découpés dans un bol, mélanger, disposer sur une assiette, poser les ingrédients sur la pizza…
  • vers 20 mois : verser à partir d’une carafe, d’un récipient avec un bec, puis d’un bol, casser des oeufs, écosser des petits pois, commencer à couper les ingrédients « mous » avec un couteau ondulé (banane, avocat, mangue), couper à la main des tranches de jambon, sortir les ingrédients et les ranger, étaler  du beurre, du miel ou du fromage frais sur du pain, essorer la salade dans une essoreuse…
  • vers 30 mois : utiliser un « vrai couteau », éplucher (concombre, courgette pour commencer, puis pomme, poire, plus difficiles), anticiper les étapes de la recette et prendre des initiatives, faire cuire des ingrédients sous surveillance (des oeufs pour une omelette, un steak haché, des légumes poêlés)…

Et chez vous ? Vos enfants sont-ils les bienvenus en cuisine ? Vous nous partagez votre expérience ?

* Ces produits m’ont été offerts par mon partenaire Manine Montessori, mais mon avis reflète ma réelle opinion : ce que Leen propose est de super qualité !

 

 

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