planifier notre première année d’instruction en famille – (1) notre rythme

Cet article fait partie d’une mini série sur nos débuts en IEF, vous pouvez lire les autres : (1) notre rythme, (2) mes ressources et inspiration, (3) notre matériel et (4) un épisode de podcast avec vos questions / mes réponses.

Début septembre, nous avons commencé officiellement l’instruction en famille. Puisque les députés et leur loi sur « l’école de la confiance » en ont décidé ainsi, le début de l’obligation d’instruction a été abaissé à 3 ans. Cela signifie que l’instruction peut toujours se dérouler à l’école ou à la maison, mais que les contrôles par la mairie et l’inspection académique, qui commençaient jusqu’alors à 6 ans, débuteront maintenant à 3 ans. Aurèle étant né en décembre 2015, nous serons soumis cette année à ces contrôles.

Si nous avions scolarisé Aurèle, il serait entré en maternelle l’année dernière, et aurait donc fait en septembre sa rentrée en moyenne section de maternelle. Je ne m’étais jusqu’ici absolument pas interrogée sur les compétences attendues en fin de cycle 1 puisque nous n’étions pas concernés par l’obligation d’instruction avant encore 2 ans. Par la force des choses, j’ai dû m’y pencher un peu, même si cela ne m’intéresse absolument pas !

Je ne vois pas l’instruction en famille comme « l’école à la maison », puisque l’approche que nous avons choisie est celle du unschooling et des apprentissages menés par l’enfant. Mon but n’est absolument pas de recréer une salle de classe chez moi, avec des horaires rigides, mais de profiter de notre liberté. Cela signifie que nous ne préparons pas de planning, d’activités contraintes, de supports formels à effectuer avant telle date, nous n’avons pas de manuels scolaires suivant le programme de maternelle. Nous vivons, tout simplement. Nous partons des centres d’intérêts d’Aurèle, nous suivons son rythme et faisons confiance à sa curiosité innée et à son envie naturelle de découvrir le monde que l’entoure. Je suis personnellement assez inspirée par les pédagogies par la nature, et celles de Steiner-Waldorf et Charlotte Mason.

Ce mois de septembre n’est pas différent des autres mois, l’instruction en famille se déroule en fait depuis la naissance d’Aurèle ! L’IEF est pour moi la suite du maternage proximal, du respect des émotions et du rythme de l’enfant, de la motricité libre, de l’allaitement non écourté, etc. Nous ne changeons rien à notre quotidien. Néanmoins j’ai pensé que cette « étape » purement administrative était l’occasion de réfléchir à nos journées. Je vous avais fait part de nos objectifs à long terme dans cet article : 15 choses que j’aimerais que mon enfant sache à 6 ans. Et je détaille ici les choses qui me rendent heureuse à l’idée que mon fils ne passe pas ses journées à l’école.

Rythme

Plutôt qu’un programme précis, nous avons un rythme qui nous correspond à tous les 2. J’ai d’ailleurs suivi à ce sujet 2 ateliers très intéressants :

Je vous les conseille grandement !

Notre rythme journalier

Il n’est pas rigide, il ne s’agit pas de se mettre des alarmes et de respecter des horaires à la minute près. Nous avons plutôt un flow, des habitudes, qui permettent à Aurèle d’anticiper et d’être moins dans l’opposition pour les choses qu’il aime moins faire. Ce rythme laisse la place à une grande liberté et à l’imprévu. Actuellement, nos journées se déroulent de la manière suivante :

  • je me lève vers 8h pour pouvoir avoir un peu de temps pour moi avant le réveil d’Aurèle. Je lis, je médite, je fais du yoga, je bois un thé sur la terrasse, cela dépend des jours et des envies.
  • Aurèle se lève vers 9h, nous déjeunons, et discutons, notamment de ce que l’on veut faire dans la journée.
  • puis nous sommes chacun de notre côté jusqu’à 11h environ. Je fais un peu de ménage, me douche, lance une machine, câline le chat, travaille un peu si besoin, pendant qu’Aurèle joue, regarde des livres, écoute une histoire audio, dessine, peint, câline le chat, et s’habille au moment où il le désire.
  • souvent nous sortons un peu vers 11h, à la médiathèque, au parc, faire une petite course. Nous habitons en centre ville donc faisons tout à pied ou à vélo.
  • nous rentrons, je prépare le déjeuner, Aurèle m’assiste s’il en a envie. Il met la table et nous déjeunons. Pendant le repas nous écoutons souvent des histoires audio en podcast.
  • après le repas c’est un temps calme, ensemble ou séparé. De mon côté je lis, prépare des ressources, et Aurèle joue.
  • vers 14h30, nous faisons souvent un projet ensemble : cela peut être un jeu de société (ou plusieurs !), remplir le livre des siècles, travailler sur un intérêt d’Aurèle, créer un lapbook, faire une activité manuelle, lire des livres, réaliser un gâteau, peindre côte à côte, parler du thème de la semaine de notre programme nature « Exploring Nature With Children », arroser les plantes. Aujourd’hui par exemple, nous avons fait un kit Pandacraft sur les indiens qu’Aurèle a retrouvé dans un tiroir (je ne suis pas fan mais j’avais reçu quelques exemplaires) puis nous avons changé les meubles du salon de place.
  • vers 16h nous allons dehors, en emportant le gouter. Au jardin, au parc, sur les bords de Loire, en forêt…
  • nous rentrons vers 17h30, ce qui nous laisse encore une heure, ensemble ou séparément, à faire ce qui nous inspire sur le moment. C’est aussi le moment où Aurèle se douche ou se baigne, 2 à 3 fois par semaine.
  • je prépare le repas vers 18h30 pour que nous mangions vers 19h-19h15. Nos repas durent assez longtemps, et je fais la vaisselle à la main, donc nous dinons tôt.
  • nous enchainons sur le rituel du soir, brossage de dents, toilettes, livre et coucher d’Aurèle vers 20h30.
  • je travaille, lis, rédige des articles, couche des réflexions, médite, en buvant du rooibos. Et je remplis l’agenda d’Aurèle, dans lequel j’écris ce que nous avons fait chaque jour, notamment en vue de l’inspection pour l’instruction en famille.

Notre rythme de semaine

Toutes nos semaines sont différentes, et dépendent surtout de mes déplacements et mes éventuelles journées de travail. Dans ces cas-là souvent Aurèle m’accompagne, et est gardé par un.une baby sitter, il peut aussi rester chez mes parents, ou avec son papa. Quand nous sommes à la maison, des événements se répètent toutes les semaines :

  • une journée dans la forêt : nous y retrouvons des amis non scolarisés, les enfants jouent ensemble librement, les parents discutent, nous proposons des activités issues du livre « L’école de la forêt », nous nous promenons, observons la nature.
  • une sortie à la médiathèque
  • une (ou plusieurs) visite.s à mes parents
  • des sorties au parc où il retrouve des enfants scolarisés
  • la réception de notre panier de légumes bio et locaux le vendredi
  • son cours d’escalade le dimanche matin
  • une sortie culturelle type musée, exposition

Priorités

Vous le voyez, nos journées sont toutes simples, rythmées autour des repas, et des sorties. Je suis garante de notre rythme, sans me mettre d’alarme, et je fais attention à ce qu’Aurèle ait chaque jour suffisamment de temps de jeu libre et de lecture. La qualité de notre connexion, ainsi que l’anticipation, permet d’éviter autant que possible les tempêtes émotionnelles, de son côté comme du mien. Nous n’avons pas de programme fixe, mais plutôt des priorités, et des objectifs à long terme.

Nature

Nous avons déménagé il y a quelques mois, fuyant la banlieue proche de Paris pour Orléans. Notre résidence a un grand jardin dans lequel nous sommes le plus souvent seuls. Nous sommes à environ 10 minutes de vélo des bords de Loire, par lesquels nous pouvons nous échapper très vite de la ville, et 30 minutes de la forêt. Nous avons plusieurs parcs à 5-10 minutes de marche. Si j’emprunte une voiture, nous sommes à moins d’une heure les châteaux de la Loire, la Beauce, et la Sologne. Je crois beaucoup à la puissance de la nature pour nous ressourcer, en tant qu’adulte et en tant qu’enfant. J’aimerais être encore plus immergée dans la nature, avoir un jardin sauvage, voire une petite rivière et une forêt sur notre terrain. Ce sera notre prochaine étape ! La proximité avec la nature est si importante dans plein d’aspects. Nous ne pourrions vivre sans.

Self care

J’en parlais dans cet article, prendre soin de soi est indispensable quand on s’occupe des autres. Notre rythme me permet d’avoir du temps complètement seule, le matin avant le lever d’Aurèle, et le soir après son coucher. Il me permet de me ménager aussi des « soupapes » dans la journée, un thé seule sur le balcon pendant qu’il joue seul par exemple, lire à côté de lui, mener à bien un projet créatif sous ses encouragements… Ce n’est pas parce que j’ai choisi l’IEF et que je suis la majeure partie du temps avec mon enfant que je m’oublie. J’adore nos journées ensemble, et surtout quand elles nous permettent d’évoluer à notre rythme et selon nos envies respectives.

Jeu

…et surtout le jeu libre ! Celui qui se crée à partir de l’imagination de l’enfant. Avec des jouets les plus simples possibles, souvent en matière naturelle (bois, tissu), non électronique, c’est l’enfant qui décide où le matériel le mène. Vous avez un aperçu de ma passion pour le jeu libre dans le guide slow parenting que je vous offre, ainsi que dans le magazine que j’ai créé. Il me faudrait bien plus d’un paragraphe pour y exposer ses bienfaits (c’est d’ailleurs pour cela que je vous prépare un atelier de 7 modules !).

Curiosité

Enfin, ma priorité est la curiosité : que je garde la mienne, qu’il développe la sienne. Que nous nous épanouissons tous les 2 en tant que personnes, en parallèle, nous nourrissant l’un de l’autre, et de notre environnement. Qu’il sache qu’il peut devenir qui il veut, et que tout peut être remis en question à chaque instant. La connaissance est le pouvoir.

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