15 raisons pour lesquelles je suis heureuse que mon fils n’aille pas à l’école

Nous avons choisi pour Aurèle l’instruction en famille, qui est en France un droit. L’obligation (qui vient de passer à 3 ans) est toujours celle de l’instruction, et non de l’école. Cette instruction peut se faire à l’école, ou ailleurs, par les parents ou une personne de leur choix.

La rentrée scolaire approche, elle serait la 2ème d’Aurèle s’il était scolarisé, et je suis si heureuse qu’il ne le soit pas ! Nous célébrons chaque jour notre liberté, notre choix, notre courage d’aller à contre-courant et de suivre notre coeur et les besoins de notre enfant.

J’ai listé 15 raisons pour lesquelles l’instruction en famille me semble une évidence pour nous, et nous procure tant de joie au quotidien. Pour chacune de ses situations, essayons de nous imaginer à la place des enfants. Seraient-elles tolérables pour nous ? Seraient-elles confortables, épanouissantes ? A méditer… 🙂

Cet article n’est pas en tant que tel une critique de l’école classique, et encore moins des parents qui font le choix d’y envoyer leurs enfants. Mais comme tous mes articles, il est le reflet de ma pensée, le témoin de mon cheminement, et humblement j’espère inspirer certains parents qui aimeraient partir sur des voies différentes, en toute conscience.

Le savoir, c’est le pouvoir.

Il peut aller aux toilettes quand il en a envie

Cela semble tellement naturel. Dans la majorité des emplois occupés par les adultes, nous allons aux toilettes à peu près quand nous le désirons, le nombre de fois que vous le voulons. Mais à l’école, les toilettes ne sont accessibles qu’à quelques reprises par jour, à des horaires non discutables. Cela est dépendant du bon vouloir d’un adulte qui décide si vous pouvez aller soulager un besoin naturel et physiologique, ou non.

Il peut manger quand il a faim, la quantité qu’il désire

Nous respectons globalement des horaires des repas, petit déjeuner, déjeuner, gouter, diner. Mais s’il a une petite faim dans la matinée, s’il n’a pas faim à 12h pile, nous ajustons, comme le font les adultes. Que celui.celle qui n’a pas un petit carré de chocolat dans le tiroir de son bureau me jette la première pierre ! Il mange également à sa faim, qui n’est pas forcément la mienne. S’il ne finit pas son assiette, peu importe ! J’ai des souvenirs terribles de dames de cantine qui criaient, forçaient à finir les assiettes, à tout goûter… et je sais que ces pratiques sont toujours d’actualité. Bonjour les désordres alimentaires que cela peut induire.

Il a le temps de jouer

Je l’ai écrit souvent, ici ou dans le magazine Libres, le jeu est le travail de l’enfant. C’est par le jeu que l’enfant apprend. Je cite souvent à ce propos André Stern : « Nos enfants ne font aucune distinction entre jouer et apprendre. Ces notions sont des synonymes à leurs yeux. C’est pourquoi ils ressentent comme une injonction paradoxale la demande qui leur est faite, un matin tombé des nues, d’arrêter de jouer pour se mettre à apprendre. C’est ce que vous ressentiriez si je vous demandais de respirer sans prendre d’air. » Nos journées sont rythmées pour lui permettre un maximum de temps de jeu libre. En se couchant ce soir, il m’a d’ailleurs dit « maman je suis très content de ne pas aller à l’école, comme ça je peux jouer tout le temps ! ».

Nous pouvons suivre ses intérêts

En ce moment, il est intéressé par une multitude de domaines : l’astronomie, les dinosaures, les hôtels à insectes, les émotions, la forêt, la légende du Monstre du Loch Ness… Autant de sujets importants dans la vie, mais qui ne sont pas ou peu étudiés à l’école. Et en tous cas pas forcément au moment où cela le passionne, et où il aurait envie de les approfondir.

Il peut remplir son réservoir affectif auprès de moi quand il le souhaite

S’il a besoin d’un bisou, d’un câlin, au milieu d’un jeu, d’une visite ou d’une activité, je suis disponible. Moi-même je travaille mieux quand je suis près de mon chéri, mes amis, mes parents, que je peux faire une pause « reconnexion » quand j’en ai besoin. C’est tellement important de pouvoir remplir son réservoir affectif quand il se vide, et c’est valable pour tout le monde. Les enfants ne sont pas faits pour passer la journée loin des leurs, et encore moins à 3 ans. Je ne parle pas bien sûr de rester collés l’un à l’autre toute la journée, et de vivre en vase clos comme l’imaginent certains ignorants de l’IEF.

Il peut fréquenter les enfants qu’il veut

Il n’a pas peur de se retrouver toute la journée avec des enfants qui humilient, brutalisent voire harcèlent. Nous fréquentons des enfants scolarisés et non scolarisés, mais si la relation ne se passe pas bien il n’est pas forcé d’être avec eux toute la journée, à chaque récréation, tous les jours. Je doute que tous les adultes qui travaillent s’entendent avec tous leurs collègues !

Il se lève à l’heure qu’il veut

C’est un luxe ! Je ne le réveille presque jamais, sauf rendez vous ou contrainte de train par exemple. Il aura toute sa vie pour cela, ou pas 😉 Le sommeil est un besoin fondamental, physiologique, et réveiller tôt nos petits est contre-nature. Nos rythmes biologiques sont d’ailleurs différents d’une personne à l’autre, et l’IEF permet également de s’y adapter.

Il ne pleure pas le matin (voire toute la journée)

Alors que beaucoup d’enfants de 2, 3 ou 4 ans pleurent le jour de la rentrée, voire tous les matins, voire toute la journée, Aurèle n’a pas à se séparer de ses personnes de confiance. Il passe ses journées dans un environnement aimant, avec ses parents et sa famille. Il est entouré de respect, d’amour, de support et de sécurité. Il ne subit pas la pression de grandir plus vite. A 3 ans (et je pense à tout âge), la séparation forcée de ce qu’on a toujours connu n’est pas utile. Personne n’apprend mieux quand il a peur ou qu’il n’est pas bien. (Et je repense à ce petit garçon de 3 ans qui sanglotait à toutes les récréations en appelant sa maman et son papa quand je travaillais dans une école, toute l’année scolaire… Je le prenais dans mes bras à chaque fois, et j’avais envie de pleurer avec lui).

Il apprend des choses utiles

En suivant ses intérêts, il apprend les choses qui lui sont utiles à lui, et non pour nous faire plaisir ou suivre un programme qui est le même pour tous les enfants. Quoi de plus normal que de considérer que chaque être humain est différent, avec des centres d’intérêt, des besoins, des façons d’apprendre, des rythmes d’apprentissage différents ?

Il peut s’habiller comme il le désire

Je lisais encore hier sur un forum « la maitresse a demandé des chaussures comme ceci ». S’il veut se déguiser, rester en pyjama à la maison, ou mettre une robe, il fait ce qu’il veut ! Il n’a pas d’obligation vestimentaire adultiste, y compris bien sûr quand nous sortons. Son pull préféré est rose avec une biche, je doute qu’il serait passé sans moquerie à l’école. L’apparence et la mode sont des phénomènes cycliques, artificiels et je ne souhaite pas qu’il ressente de pression à ce niveau.

Il peut se lever ou s’asseoir quand il veut

A nouveau, imaginez un emploi où vous ne pouvez pas vous lever quand vous voulez vous dégourdir les jambes, où vous ne pouvez pas vous asseoir quand vous êtes fatigué. C’est une minorité des emplois, et nous sommes des adultes. Comment exiger d’un enfant en pleine période de développement moteur qu’il reste assis une heure ou plus ? D’un enfant avec potentiellement des douleurs de croissance qu’il ne puisse s’asseoir quand il en ressent le besoin ?

Nous n’avons pas à nous presser le matin et le soir

Le matin nous avons souvent un rythme assez tranquille, car cela nous correspond. Lever à 9h minimum, petit déjeuner où nous prenons le temps de discuter, par exemple de la journée à venir, suffisamment de temps pour débarrasser à 2, faire sa vaisselle, s’habiller seul… Le soir, pas de rush de la douche et du repas pour se coucher à une heure décente. Des journées slow, ou des sorties tardives quand nous le souhaitons, l’école et ses horaires fixes ne décident pas pour nous.

Nous vivons notre vraie vie

Autonomie, ménage, cuisine, courses… La vie quoi ! Aurèle a le temps de gagner en autonomie à son rythme (habillage, douche, continence, repas…), nous faisons la cuisine et le ménage ensemble. Ce sont des apprentissages nécessaires quelle que soit la vie qu’il se choisira. Et il est plus important qu’il sache s’investir dans ces tâches que de savoir remplir des fiches de graphisme. Par ailleurs, toutes ces activités du quotidien entraînent plein d’autres choses que l’autonomie : motricité, planification, raisonnement, maths, logique… C’est aussi essentiel pour moi que ces activités soient réalisées ensemble, qu’il comprenne que les placards de nourriture ne se remplissent pas seuls, que les repas ne se préparent pas comme par magie, que la maison n’est pas propre sans qu’on la nettoie !

Les lieux dans lesquels nous allons sont tranquilles

Les musées, parcs, expositions sont beaucoup moins fréquentés aux heures d’école, ce qui nous permet de profiter de la tranquillité de ces lieux. Nous pouvons admirer les oeuvres sans nous faufiler dans la foule, profiter des aires de jeux, visiter un musée dans le calme, et c’est vraiment très agréable.

Nous pouvons voir la famille quand nous le souhaitons, et partir en vacances en période creuse

Nous n’avons pas besoin d’attendre le week end ou les vacances scolaires pour être disponibles. Nous pouvons rendre visite aux grands parents en semaine, 1 jour ou 10 jours, sans bousculer le rythme d’Aurèle. Et quand nous partons en escapade, les tarifs sont très intéressants.

BONUS : Je suis aux premières loges pour observer son développement

C’est mon grand plaisir dans ce choix d’instruction en famille : observer de près la magie de l’évolution de mon enfant. Les nouveaux mots qu’il apprend et utilise, les connaissances qu’il acquiert, sa curiosité insatiable, sa motivation intrinsèque, son caractère qui se dessine. Je ressens une profonde gratitude. Je ne souhaite pas « garder mon enfant pour moi » ce qui n’aurait aucun sens. Je veux juste qu’il soit heureux, que ses besoins soient comblés, qu’il apprenne à son rythme, et selon moi ce ne serait pas le cas s’il allait à l’école.

Vive la liberté !

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