15 choses que j’aimerais que mon enfant sache à 6 ans

Je suis très attirée par les apprentissages autonomes, au moins jusqu’à l’âge de 6-7 ans. Comme Charlotte Mason, je pense que les enfants ont énormément de choses à apprendre de leur environnement. Le contact avec la nature, les livres, la vie quotidienne tout simplement sont déjà de nombreuses occasions d’apprentissage pour les enfants jeunes.

Les cahiers tout prêts, pour soutenir les apprentissages en maternelle, ne m’attirent absolument pas. Je pense que la manipulation prime sur les exercices sur papier, et que l’on n’apprend jamais mieux que dans les situations réelles, avec la motivation.

A côté de cela, je pense qu’il est très important d’avoir des objectifs. Cela permet de se fixer des priorités, et de modifier l’environnement de l’enfant si besoin. Personnellement j’ai du mal à avancer dans ma vie sans objectifs, et l’éducation d’Aurèle n’y déroge pas. Cela m’aide aussi à ne pas me sentir dépassée dans ce que je peux proposer à Aurèle. Je n’ai pas peur de faire l’instruction en famille, j’ai confiance en nous, je me suis beaucoup documentée et je continue à le faire. Les objectifs me permettent d’avoir une vision d’ensemble de notre quotidien et d’éviter de trop m’éparpiller.

J’ai réfléchi à une liste de « compétences » que j’aimerais qu’il ait à 6 ans, ainsi que les éléments de personnalité que j’aimerais développer chez lui. Si cette liste n’est pas « acquise » à 6 ans, cela n’aura bien sûr pas d’importance. Mais ce sont des domaines sur lesquels nous travaillons, des objectifs vers lesquels nous tendons.

Mon inspiration tient aux approches Montessori, Charlotte Mason et Waldorf-Steiner, que j’affectionne particulièrement, ainsi que sur le pouvoir du jeu libre, des apprentissages autonomes et de la motivation intrinsèque.

Valeurs

J’essaie de lui enseigner la discrétion, qui est une qualité que je juge importante, voire primordiale, l’absence de jugement, la curiosité, l’ouverture d’esprit, la connaissance de la maladie et du handicap, l’empathie et l’aide aux plus faibles, le respect des autres, sans distinction d’âge, de couleur, de genre, de religion, ou même d’espèce. Cet enseignement passe par le modèle que j’essaie de lui transmettre, des discussions et des lectures, par la rencontre régulière avec des enfants porteurs de handicap par mon travail, par l’adhésion à des associations (TouPI et Bibliothèques sans Frontières pour nous).

Comportement

Je mets dans cette catégorie large la politesse (dire bonjour, au revoir, merci, s’il te/vous plaît), l’adaptation à l’environnement (comment se comporter avec telle ou telle personne ou dans tel ou tel lieu comme une bibliothèque, une église, un musée, un hôtel, le train), le comportement de sécurité dans la rue, et dans les lieux publics, ou encore le comportement quand on est accueilli chez quelqu’un (ne pas fouiller dans les placards, explorer les pièces sans y avoir été invité…).

Autonomie

Nous développons les compétences d’hygiène personnelle (douche, habillage), de soin de l’environnement (faire le ménage, la vaisselle, vider/remplir le lave-linge, plier les vêtements, s’occuper des plantes), savoir cuisiner quelques plats et avoir des notions d’équilibre nutritionnel dans le cadre de notre régime végétarien/végétalien, se rendre dans un lieu seul dans le quartier, choisir une activité pour s’occuper, réparer une erreur (essuyer après avoir renversé par exemple), mais aussi savoir chercher seul une information. En d’autres termes, l’autonomie dans les gestes ET dans la pensée.

Confiance en soi

J’aimerais également qu’il sache qu’il peut prendre des risques, qu’il peut tout faire, que se tromper n’est pas grave, et que c’est même comme cela qu’on apprend. Que d’autres trouveront surement à redire, mais que l’on s’en moque, que c’est son chemin à lui qui est important, sa quête du bonheur.

Nature

Je voudrais qu’Aurèle sache reconnaître quelques arbres, plantes, oiseaux, insectes, fleurs, etc. Mais surtout qu’il ait le respect de la nature, de notre planète, et que les principes de l’écologie, de l’évitement des déchets, du plastique et de la pollution, et de l’égalité avec les animaux soient ancrés en lui. Il veut d’ailleurs pour le moment exercer le métier de vétérinaire pour les animaux des océans « pour leur enlever les sacs plastique et les pailles et les remettre à l’eau ».

Lecture

Je pense que ce point est déjà acquis : je voudrais qu’il ait toujours le goût de la lecture et des livres. Quand je le vois seul avec ses livres, à la maison ou dans une librairie, cela me rend tellement heureuse ! En revanche, ce n’est pas du tout important pour moi qu’il sache lire à 6 ans, ou qu’il connaisse les lettres.

Poésie

La poésie fait partie de notre quotidien, je lis très souvent des poèmes et des fables à Aurèle. J’aimerais qu’à 6 ans il ait le goût des beaux mots, et peut-être qu’il puisse réciter 3 poèmes de son choix.

Jeu

Je le dis souvent, ici ou sur instagram, le jeu est LE travail de l’enfant. Dans notre quotidien en unschooling, il occupe une place très importante. Mon objectif est qu’Aurèle sache jouer seul, et à plisseurs, d’un jeu riche et libre, qu’il exerce sa créativité et son imagination, qu’il n’ait aucune limite à ses idées de jeux.

Art

L’art est également central chez nous : livres sur l’art et les artistes, créations artistiques, expositions, musées,… Son sens de l’esthétisme s’affine, ses goûts s’affirment doucement. Plutôt que savoir reconnaître des tableaux ou des courants artistiques, j’essaie de lui transmettre la passion des belles choses, l’oeil critique, l’ouverture, la curiosité, l’envie d’essayer, l’expression par l’art.

Créations manuelles

Savoir travailler de ses mains, quel bonheur ! Que ce soit cuisiner, coudre, tricoter, modeler, fabriquer un cadeau, ou encore faire notre lessive, nous faisons beaucoup de choses nous-mêmes. J’aimerais qu’il en garde le réflexe et le plaisir.

Littérature

Les livres ont une place très importante chez nous, et notamment les « beaux » livres, avec du vocabulaire recherché et nuancé, des histoires avec de vraies valeurs à transmettre, dans l’idée des living books chers à Charlotte Mason. Nous allongeons progressivement la longueur des livres, et j’espère qu’à 6 ans il aura plaisir à m’entendre lui raconter les auteurs qui ont fait de moi qui je suis : Roald Dahl, Zola, Maupassant, Saint Exupéry, Verne, Corneille, Barjavel, Duras, Pagnol… Pourquoi pas aussi raconter l’histoire d’un livre qu’il connait ?

Histoire

Le papa d’Aurèle est passionné d’histoire, et nous lui transmettons à travers de nombreux livres l’histoire de la Terre et de l’Humanité. J’aimerais qu’à 6 ans il connaisse les grandes périodes, avec surtout une idée de la vie des personnes aux différentes époques : habitation, travail, conditions de vie, alimentation…

Géographie

Là encore, entre les livres, les globes, les voyages, ce ne sont pas les occasions qui manquent de développer les connaissances dans ce domaine. A 6 ans, je pense qu’il est intéressant de connaître les continents, un certain nombre de pays (et les placer), citer des villes de différents pays, connaître quelques capitales, ainsi là encore que les conditions de vie dans ces pays : climat, géographie physique, habitants… Apprendre une liste de pays n’est pas enrichissant en soi, c’est l’ancrage dans notre monde réel et la connaissance de celui-ci qui l’est, en lien avec la curiosité et l’ouverture.

Langues étrangères

Quand nous voyageons, Aurèle apprend quelques mots, par imitation, de la langue du pays. J’ai toujours moi-même adoré les langues, j’ai étudié l’anglais, l’espagnol, le russe, et le latin, et ai fait des études de linguistique. Je réfléchis actuellement à la façon dont on pourrait introduire les langues étrangères dans notre quotidien, pour qu’à 6 ans, il ait quelques rudiments dans les langues les plus parlées du monde, et qu’il ait, encore une fois, le goût d’en savoir plus.

Sciences

Son papa et moi avons tous les 2 un esprit (et un bagage scolaire) scientifique. Nous sommes très cartésiens, et nous transmettons à Aurèle l’explication scientifique des phénomènes qui lui posent question : anatomie, orage, volcan, eau qui bout, saison, maladie, reproduction… J’aimerais lui transmettre cette recherche de la vérité scientifique, cette passion pour ce qui a été découvert, qui reste à découvrir, les grands esprits tels que Léonard de Vinci, Galilée, Marie Curie, Pasteur, Einstein, Darwin, Archimède.

Vous l’avez compris, au-delà de simples « compétences », je veux surtout qu’à 6 ans mon fils soit heureux, curieux, épanoui, créatif, ouvert.

Et qu’il sache que je l’aime d’un amour inconditionnel.

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6 thoughts on “15 choses que j’aimerais que mon enfant sache à 6 ans

  1. J’aime beaucoup cet exercice que tu as fait ! Avoir une vision pour nous guider est toujours très utile quand on évolue librement ! Nous nous dirigeons à priori ici vers l’école publique MAIS j’ai quand même envie de jouer le jeu, car tellement de ces choses ne seront de toute façon pas apprise à l’école !

    1. Oui c’est ça, la liberté mais avec une trame de fond ! Comme je le dis dans un autre commentaire, les parents restent les premiers éducateurs de l’enfant, école ou non, et c’est avec nous qu’ils passent le plus de temps !

  2. Article interessant mais cette liste me parait tres longue. Je ne suis pas sure si cette liste est la pour guider le contenu de l’instruction a la maison (cad une grille pour vous en tant que responsable de son instruction) ou si il s’agit plutot des interets et competences que lui devrait developer dans l’ideal. Car si c’est la deuxieme option, il serait bon de laisser assez de place pour laisser emerger ses interets a lui (par ex peut etre se sentira t il tres attire par le sport ou developpera un fort attrait pour les animaux).

    1. Bonjour Blandine. J’avoue que le ton de votre commentaire me surprend, notamment le « il serait bon ». Je ne pense pas évoquer sur ce blog une bonne façon de faire, mais c’est la mienne, et je n’attends pas de validation ou de conseils. Il s’agit d’un partage avant tout, dans le respect des valeurs de chacun.
      Ceci étant dit, je pense tout d’abord que les parents restent les premier « instructeurs », que l’enfant soit scolarisé ou pas. Je pense également dans l’article insister suffisamment sur le développement de la curiosité, justement pour qu’il puisse développer ses propres centres d’intérêt, et ses passions, et qu’il ne soit pas contraint dans un cadre comme il pourrait l’être à l’école. J’évoque son attrait pour les animaux, mais il en a beaucoup d’autres (la préhistoire, les lampes, les masques, l’escalade,…) que je n’ai évidemment pas choisi ou guidé.